De la profession à l’action : de « croire » à « aimer »

[:fr]Photo : Leander Syrieix[:]

 

Ac 25, 13-21 – Ps 102(103) – Jn 21, 15-19

Vendredi de la 7e semaine de Pâques (A)

 

L’Évangile de ce jour nous présente la triple affirmation d’amour de Pierre pour le Christ. Après l’avoir renié à trois reprises, Pierre affirme trois fois de suite son amour au Christ. Mais, avant la passion, Jésus indiquait à Pierre qu’il a prié pour que sa foi ne défaille pas (Lc 22, 31-33). Ainsi, lorsque le Christ lui demande trois fois de suite s’il l’aime, ce n’est pas parce qu’il doute de la foi de Pierre, mais parce qu’il veut lui faire vivre un passage : de Credo à Amo ; de la profession de foi à l’action ; des paroles aux gestes. L’on voit alors que « suivre le Christ » est conditionné par Croire et Aimer. Cependant, cette dimension de l’Amour est comme le sommet, l’aboutissement d’un cheminement spirituel : c’est un engagement. Lorsque le Christ demande à Pierre de le suivre, c’est au prix de sa vie. Parce ce que ce dernier à renié Jésus à trois reprises ; parce que Pierre a été témoin du supplice de la croix ; parce qu’il a vu le ressuscité, alors il comprend la grandeur, la hauteur, la largeur et la profondeur qu’implique l’acte d’aimer : suivre le Christ quoiqu’il arrive. Ce passage proposé par le Christ à Pierre nous concerne individuellement et nous pouvons nous demander : est-ce que j’aine assez le Christ pour le suivre selon mon appel personnel ? Suis-je attentif à ses interpellations ? En quoi ma foi en Jésus m’a engagé à ce jour ?

L’appel de Paul à demeurer en prison peut paraître insensé ou surréaliste pour nous aujourd’hui. Mais pour comprendre son geste, il faut se resituer en Ac 23, 11 où le Seigneur l’invite au courage en lui confiant une mission, celle de témoigner pour Lui à Rome. Ainsi, Paul se fie à la parole du Christ. Autrement dit, la parole du ressuscité lui suffit et il fait confiance. Mais, comme Pierre, Paul a vécu un déplacement dans la mesure où il passe d’une confiance ou d’une profession de foi au Christ à un acte d’amour : le suivre jusqu’à Rome pour témoigner qu’Il est Seigneur, mort et ressuscité pour que l’humanité ait la vie en plénitude, la vie éternelle. Paul a vécu ce passage pour que les nations aiment le Christ.

N’est-ce pas le même zèle qui habitait le Saint pape Paul VI ? Habité par le feu de l’Esprit, au nom de sa foi en Jésus-Christ ainsi qu’à cause de son amour pour Lui, saint Paul VI a poursuivi avec courage et bienveillance les travaux du Concile Vatican II visant à annoncer la Bonne Nouvelle au monde de ce temps. C’est grâce à son amour pour le Christ qu’il est allé, comme saint Paul, vers les nations dès l’année suivant son élection comme pape par de multiples voyages : Terre Sainte, États-Unis (ONU), etc. Son amour pour le Christ l’a amené à vouloir le faire aimer par toutes les nations. En ce sens, il a posé des gestes concrets comme la création d’un secrétariat pour les non-chrétiens, un autre pour les non-croyants. Tout ce qu’il a fait durant son pontificat et qui a eu une portée positive sur la vie de l’Église ainsi que l’annonce de l’Évangile fut par amour. Puisse donc son exemple nous inciter à relire nos vie afin d’oser entreprendre ce processus ou passage de la profession à l’action ; de « croire » à « aimer ».

© Léandre Syrieix.

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