Il se mit à pleurer : la grâce des larmes

[:fr]Repéré à http://chemindedeuil.over-blog.com/2016/05/mes-larmes-ont-rempli-l-ocean.html[:]

Ez 37, 12-14 – Ps 129 (130) – Rm 8, 8-11 – Jn 11, 1-45

5e dimanche du Carême (A)

Dieu est sensible à la souffrance humaine et se laisse toucher par sa misère du profond de ses entrailles. Voilà ce que nous révèle l’Écriture en ce 5e dimanche de Carême, plus particulièrement au cœur de la pandémie de la COVID-19. Il y a donc un message d’Espérance pour l’humanité.

« Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé » (Jn 11, 33) par la mort de Lazare, et on pourrait dire que c’est d’actualité parce que ce Dieu qui se fait proche de nous est bouleversé par la situation mondiale, par la mort de tant d’hommes et de femmes à cause de la maladie de la Corona. Ses larmes expriment tout l’amour qu’il a pour le genre humain et probablement la situation tragique que nous vivons actuellement, c’est-à-dire la mort de nos frères et sœurs en humanité, doit nous conduire à l’imitation du Christ : savoir pleurer puisque c’est une manière de manifester l’Amour. Quand ai-je pleuré pour un proche ou pour une situation tragique pour la dernière fois ? Quand me suis-je laissé émouvoir par la tragédie humaine au point de pleurer en guise de solidarité ? Dans une société où les larmes sont synonymes de faiblesse, nous sommes appelés à imiter le Christ.

Certes, nous sommes bouleversés par les milliers de morts causés par la pandémie de la COVID-19, mais qu’en est-il de ceux causés par des guerres qui continuent à décimer des populations à travers le monde ? Et qu’en est-il des victimes de la famine dans le monde ou des personnes qui meurent au quotidien de l’isolement, ou encore de nos proches qui meurent de toutes sortes de raisons ? La mort fait partie de l’expérience humaine, peu importe la manière par laquelle elle advient. Mais lorsque, confrontés à celle-ci, nous sommes ébranlés, saint Paul nous rappelle que si l’esprit de celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts habite en nous, celui qui a ressuscité Jésus le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à nos corps mortels par son Esprit qui habite en nous (Rm 8, 11). Le croyons-nous vraiment ? Une Bonne Nouvelle nous est ainsi révélée aujourd’hui : Jésus est la résurrection et la vie. Celui qui croit en lui, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en Lui ne mourra jamais (Jn 11, 25). Comme Jésus l’a posé à Marthe, cette interrogation nous est également destinée personnellement aujourd’hui : Croyons-nous cela ? Voilà une question à méditer alors que la mort a emporté nos proches ou encore, au moment où elle terrifie toutes les parties du globe terrestre.

Comme le psalmiste, nous sommes invités à demeurer dans l’Espérance, ou du moins, à la cultiver en criant comme lui vers le Seigneur : « Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel ! [Je t’espère de toute mon âme]. Mon âme [t’attends plus qu’un veilleur ne guette l’aurore] » (Ps 129). Prions avec confiance le Seigneur, avec la ferme conviction qu’il nous répondra en disant « Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous ferai remonter. Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez » (Ez 37, 13-14)

Alors que nous nous préparons à vivre la montée pascale, à suivre le Christ de son entrée triomphale à Jérusalem à sa résurrection en passant par sa mort sur la croix, tournons-nous vers Notre-Dame des Douleurs et demandons-lui « la grâce des larmes » pour savoir pleurer comme son Fils sur la détresse humaine. Qu’elle nous obtienne du Seigneur de savoir avancer avec confiance au milieu des adversités de ce temps dans d’Espérance en Jésus-Christ qui est le chemin, la vérité et la vie.

© Léandre Syrieix.

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