Le message de la croix en temps de crise

[:fr]Daniel Abel Photograph[:]

Ac 8, 1b-8 – Ps 65 (66) –  Jn 6, 35-40

Mercredi de la 3e semaine de Pâques (A)

 

Serait-il absurde de voir à travers la croix et son message un chemin sûr en période de crise ?

 

La violence envers Étienne et les chrétiens vient du fait que les inquisiteurs ne comprennent pas, ils sont face à quelque chose qui les dépasse et qu’ils essaient de contenir, d’étouffer, de faire taire. Mais c’est une entreprise impossible, car cette situation renvoie aux propos de Gamaliel : « “[…] Eh bien, dans la circonstance présente, je vous le dis : ne vous occupez plus de ces gens-là, laissez-les. En effet, si leur résolution ou leur entreprise vient des hommes, elle tombera. Mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez pas les faire tomber. Ne risquez donc pas de vous trouver en guerre contre Dieu”. Les membres du Conseil se laissèrent convaincre » (Ac 4, 38-39). Malgré les persécutions, les disciples dispersés annoncent la Bonne Nouvelle, le Christ mort et ressuscité vers qui quiconque se tourne resplendira sans ombre ni trouble au visage.

Les Écritures nous indiquent l’attitude chrétienne face à la difficulté, à la souffrance, à la persécution : proclamer le Seigneur. Le Psalmiste, quant à Lui, chante pour le Nom du Seigneur et reconnaît sa puissance. Il rappelle la traversée de la mer rouge à pied sec. Nous pouvons également nous rappeler la tristesse et la douleur des disciples face à la Passion du Christ et à sa mort. Engloutis par la noirceur des évènements autour de la mort de Jésus, ils ne comprennent pas. Pourtant ce sera seulement après que tout sera plus clair dans leur l’esprit. Autrement dit, devant la peur d’être rattrapé par l’armée de Pharaon, la mer se sépare pour que le Peuple puisse être sauvé ; enfermé et envahi par la tristesse, le Christ victorieux de la mort se présente à ses disciples et leur apporte la paix. Et nous ? Qu’en est-il de notre attitude ou ressentiment au cœur de la pandémie de la COVID-19 ? Qu’en est-il de nos agissements dans un contexte de plus en plus marqué par diverses formes de persécution ici au Québec et ailleurs dans le monde ?

Faisons-nous confiance en Jésus-Christ, même lorsque nous ne comprenons pas et sommes submergés par l’ampleur des évènements de la vie ? Croyons-nous en Christ, le Pain de vie qui procure à l’être humain la vie éternelle ? La figure de Catherine de Sienne nous est proposée dans le contexte particulier que nous traversons, parce qu’à sa manière et suivant son époque, elle a su se tourner vers le Christ et le placer au centre de toute son existence. L’héritage spirituel qu’elle nous a légué se situe à trois niveaux : (1) l’amour de la Passion du Christ comme guide de vie spirituelle ; (2) l’imitation du Christ à travers différentes formes d’ascèse, de sacrifice, de pénitence et de service aux autres jusqu’à l’oubli de soi ; (3) le fait de vivre les difficultés quotidiennes et de les surmonter en union avec la Croix du Christ.

Alors, la croix devient pour les chrétiennes et chrétiens un signe de salut peu importe sa forme. L’accepter et l’embrasser avec confiance en fixant son regard sur l’après, c’est-à-dire le Christ ressuscité est plein d’Espérance. Comme l’avançait Saint Paul, « nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes. » (1 Co 1, 23) Sainte Catherine de Sienne, première femme Docteur de l’Église, a œuvré pour la réforme de l’Église. Elle a mentionné à son époque une crise spirituelle de l’Église. Si nous regardons notre situation ecclésiale actuelle au cœur des crises sociétales que nous traversons, n’y voyons-nous pas aussi une crise spirituelle propre à notre époque ? Comme elle, osons placer le Christ au centre, ayons l’audace de le proclamer au cœur du monde.

© Léandre Syrieix.

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