Le révélateur de Dieu

[:fr]© Damien Izoulet.[:]

 

Ac 17, 15.22 – 18, 1 – Ps 148 – Jn 16, 12 – 15

Mercredi de la 6e semaine de Pâques (A)

 

Nous avons accès à la révélation de Dieu par l’Écriture qui nous indique qu’elle s’est opérée en et par la personne de Jésus. Qu’en est-il de nos jours alors que plusieurs siècles nous séparent des évènements historiques survenus à Jérusalem ? Plusieurs personnes affirment encore aujourd’hui avoir des révélations de Dieu de diverses manières. Il suffit d’écouter des témoignages, des récits de conversion ou d’expériences personnelles qui semblent révéler Dieu. Que l’on soit amené à croire aux propos de ces personnes ou non, il est question de leur expérience personnelle de Dieu qui ne s’est guère opérée par magie, mais par un révélateur : l’Esprit-Saint.

Entre Dieu et l’humanité, il existe une certaine force magnétique qui fait en sorte que si l’humain ne cherche pas son Créateur, c’est Lui qui le cherche. Comment expliquer ce fait ? Tout simplement parce que nous avons été créés à l’image de Dieu. Par le fait même, Il nous a communiqué une part de Lui : son souffle. De fait, nous sommes liés à Dieu et appelés à le rechercher parce qu’Il se laisse trouver, Il se fait proche et présent : « je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20). Les Pères de l’Église grecque (Clément d’Alexandrie, Origène, Athanase d’Alexandrie, Basile de Césarée, Grégoire de Nazianze, Grégoire de Nysse, Cyrille d’Alexandrie, etc.) et plus particulièrement Maxime le Confesseur ont développé une mystique de la déification établissant que Dieu s’est Homme pour que l’Homme devienne dieu, c’est-à-dire pour qu’il partage pleinement sa divinité, la vie éternelle. Le Christ nous a ouvert la porte qui donne accès à la vie éternelle par sa mort et sa résurrection. Voilà ce que nous proclamons par la foi de l’Église sous l’impulsion de l’Esprit-Saint.

C’est ce que Paul a proclamé aux Athéniens qui ce sont moqués de lui. Pourquoi une telle attitude de leur part ? De toute évidence parce qu’ils ne croyaient pas au Dieu unique, créateur du ciel et de la terre, mais en des dieux grecs selon leurs coutumes. Aussi, ils ont ri de Paul parce que la résurrection d’entre les morts et la vie éternelle n’ont pas de sens pour eux. En effet, c’est encore d’actualité aujourd’hui, car de nombreux contemporains n’y adhèrent guère et à chaque fois qu’ils résonnent face à cela, ils butent à l’Insaisissable. Ils ont besoin de la foi, la clé pour entrer dans la relation qui unit le Père, le Fils et l’Esprit-Saint. Le problème est qu’ils ne cherchent pas Dieu et ne collaborent pas avec l’Esprit-Saint, le révélateur de Dieu.

Lorsque nous cherchons Dieu, il se laisse trouver et se fait connaître grâce à l’Esprit-Saint promis par le Christ. Lui, le défenseur, nous conduit à la connaissance de la vérité tout entière (Jn 16, 13), à l’intimité de la Divine Trinité. De fait, la vocation humaine consiste à entrer dans la relation entre le Père, le Fils et l’Esprit. Dans la profession de foi de Nicée-Constantinople, nous proclamons : Je crois en l’Esprit-Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père et du Fils. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les prophètes. Il nous fait connaître le Père et le Fils et nous introduit dans leur relation. Alors, si nous cherchons Dieu, Il se laissera trouver et révéler par l’Esprit-Saint qui fait de nous des collaborateurs et des collaboratrices à son œuvre.

À la suite de Paul, nous sommes appelés à proclamer la Bonne Nouvelle du salut : le Christ est mort et ressuscité pour que nous ayons la vie éternelle. Au cœur de ce monde, une telle proclamation est qualifiée d’absurde et comme Paul ainsi que bien d’autres chrétiennes qui nous ont précédés, l’on rira de nous, l’on nous ridiculisera. Mais, suivant le conseil de saint Pierre, proclamons le Christ vivant et rendons compte en tout temps de notre Espérance dans la douceur et le respect (1P 3, 16). À l’instar de Paul, passons notre chemin (Ac 17, 33) lorsque nous sommes rejetés, lorsque les cœurs rencontrés sont imperméables à l’Évangile, car nous ne sommes que des semeurs et c’est Dieu qui fera germer la semence que nous aurons jetée dans les cœurs. Osons croire que l’Esprit-Saint ouvrira leur cœur à la connaissance de Dieu. Au milieu de la foule d’Athéniens, uniquement Denys et Damaris devinrent croyants après avoir écouté la proclamation de Paul. L’Esprit-Saint a été à l’œuvre et leur a révélé Dieu.

© Léandre Syrieix.

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