L’indifférence : le martyr de l’heure


Am 3, 1-8 ; 4, 11-12 – Ps 5 – Mt 8, 23-27

Mardi de la 13e semaine du Temps Ord. (A)

Mémoire des premiers martyrs de Rome

 

Les premiers chrétiens, à la suite d’Étienne et des Apôtres, ont versé leur sang au nom de leur foi en Jésus-Christ mort et ressuscité pour que nous ayons la vie éternelle. Si de nombreux chrétiens et chrétiennes versent encore leur sang dans plusieurs régions du monde, chez nous, avec nos frères et sœurs dans le Christ, nous faisons l’expérience d’autres formes de martyrs, notamment celui de l’indifférence.

Les premiers martyrs de l’Église de Rome ont été massacrés sous le règne de Néron qui les accusait injustement d’avoir mis le feu à la ville. Ainsi, certains ont été offerts aux bêtes, d’autres brûlés, et certains crucifiés. Or, si chez nous nous jouissons de la protection assurée par la Charte des droits et libertés aujourd’hui ou encore d’autres conventions voire chartes internationales, nous faisons souvent l’expérience du rejet au nom de notre foi tant dans nos propres familles, nos milieux de travail que dans la société civile. L’indifférence au nom de la foi en Jésus-Christ se manifeste de diverses manières aujourd’hui. Pensons par exemple au désintéressement dans nos milieux de vie lorsque nous affirmons notre foi ; aux malaises que la confession de notre foi chrétienne crée dans la sphère publique ; à l’indifférence des instances politiques à l’égard de l’Église quant à son apport aux citoyens chrétiens en périodes de crises. Souvent, ce même martyr de l’indifférence est vécu à l’intérieure même nos communautés chrétiennes lorsque nous exprimons notre foi en Jésus-Christ autrement ou encore lorsque nous dérangeons.

L’Écriture nous invite à ne pas avoir peur et à avancer avec confiance en mettant toute notre confiance et notre espérance en Jésus-Christ qui peut tout ! Lorsqu’au cœur de cette expérience du martyr de l’indifférence nous crions vers le Seigneur à l’instar des disciples, « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus » (Mt 8, 25), souvenons-nous qu’il a vaincu la mort et que les épreuves du temps présent nous préparent à entrer dans sa gloire. Mais, ce martyr n’a pas de sens si ce n’est pas vécu en aimant : Il y a deux manières de souffrir : souffrir en aimant et souffrir sans aimer. Les saints souffraient tout en patience, joie et persévérance, parce qu’ils aimaient. Nous souffrons, nous avec colère, dépit et lassitude, parce que nous n’aimons pas[1]. »

© Léandre Syrieix.

[1] Bernard Nodet, Jean-Marie Vianney Curé d’Ars. Sa pensée – Son coeur, Paris, Cerf, 2006, p. 186.

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