L’urgence de la proclamation


Is 40, 1-11 – Ps 95 (96) – Mt 18, 12-14 

Messe mardi, 10 décembre, 2e semaine de l’Avent (A)

 

« Une voix dit : “Proclame !” » (Is 40, 6). Cette seconde semaine de l’Avent nous prépare à la venue du Messie en nous invitant à proclamer. Mais, comme le prophète Isaïe, nous pouvons nous demander : « Que vais-je proclamer ? » (Is 40, 6) La réponse à cette question pourrait être « Consolez, consolez mon peuple » (Is 40, 1). Ainsi, il ne s’agit pas de n’importe quelle proclamation, mais de l’annonce d’un message de réconfort, d’un message qui apaise les cœurs brisés ou attristés ; qui soulage toute forme de blessure. Il y a là une invitation à l’urgence de la proclamation d’un message qui rassure dans ce monde traversé par de nombreux fléaux ; au cœur des multiples visages de la souffrance humaine. Cette urgence devient en quelque sorte une exigence de la vie chrétienne. Le Seigneur nous invite en ces termes : « Élève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda : “Voici votre Dieu !” » (Is 40, 9) Il est donc question de présenter au monde, aux personnes que nous côtoyons un Dieu de compassion qui vient ; un Dieu miséricordieux qui se laisse tellement toucher au plus profond de ses entrailles par la souffrance humaine au point de prendre sa condition, excepté le péché, en venant dans l’anonymat et la simplicité à l’instar de la situation de tant d’hommes et de femmes de notre époque afin de nous témoigner sa proximité et son Amour.

Cette urgence de la proclamation d’un message de consolation nous presse. Elle nous hâte d’aller vers les brebis égarées à la manière du Christ en abandonnant les 99 autres (Mt 18, 14). Actuellement, beaucoup de brebis sont égarées, elles ont quitté l’enclos voire le chemin et le Seigneur ne veut pas qu’une seule d’elle ne se perde (Mt 18, 14). C’est pourquoi il nous invite à aller leur proclamer qu’il vient avec puissance (Is 40, 10) pour les réconforter ; pour les sauver ; pour leur annoncer une parole qui relève, qui reconstruit, qui redonne vie, etc.

La figure de Marie peut nous servir de modèle dans cette urgence de la proclamation, car elle est la première en chemin qui est allée en hâte vers sa cousine Élisabeth lui annoncer une parole de consolation ou de réconfort : « Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent […] Il comble de bien les affamés » (Lc 1, 50-53). Et nous, quelle parole de consolation voulons-nous apporter à nos frères et sœurs ? Peut-être la personne qui a le plus besoin de cette parole de réconfort est à côté de nous, elle nous côtoie au quotidien, mais nous ne la reconnaissons pas. Demandons à Marie la grâce d’être comme elle, souvent en déplacement vers l’autre pour le consoler au besoin.

© Léandre Syrieix.

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