Trois caractéristiques de la Parole

Photo Leander Syrieix

Is 55, 10-11 – Ps 33 (34) – Mt 6, 7-15 

Messe de semaine – 1e semaine du Temps de Carême (A)

 

Les textes de la liturgie du jour illustrent la circularité de la Parole, elles montrent comment la Parole est vivante, notamment à travers trois caractéristiques parmi une multitude.

Le prophète Isaïe nous parle de la Parole qui abreuve ; la Parole qui féconde ; la Parole qui accomplit une mission. De fait, ce temps de carême est une invitation à nous arrêter sur notre vie pour identifier : quelles sont nos soifs ? De quoi avons-nous soif ? Quelles sont nos stérilités ou infécondités ? Qu’est-ce qui nous empêche de porter du fruit ? Une fois que nous aurons identifié cela, nous pourrons alors saisir la mission de la Parole de Dieu dans nos vies respectives, ce que le Seigneur veut pour chacun de nous : ce n’est rien d’autre que d’étancher notre soif pour que nous puissions à notre tour étancher celle des autres. Une manière de vivre cette forme de fécondité c’est le témoignage de vie chrétienne. Car, les gens qui nous voient vivre au quotidien à travers nos occupations seront interpellés par nos actions et paroles et feront de même à leur tour : voilà la fécondité par le témoignage de vie chrétienne.

Le psalmiste nous partage ses soifs et des infécondités. De fait, il a soif du Seigneur : « je cherche le Seigneur, il me répond » (Ps 33). Ses frayeurs et ses angoisses sont source d’infécondité dans la mesure où ces deux émotions tétanisent et empêchent d’avancer ou de vivre sereinement. Mais, le spalmiste a la certitude que « le Seigneur entend ceux qui l’appellent » (Ps 33). Voilà un geste de Foi et d’Espérance que nous sommes invités à cultiver durant ce carême 2020.

Dans la prière du Notre Père que propose l’Évangile du jour, arrêtons sur « le Pardon » sur lequel le Christ revient avec insistance. Le pardon a la particularité de nous libérer oui de nous rendre inféconds. C’est une réalité inhumaine, une grâce de Dieu à demander sans relâche. Toutefois, la clé du pardon, du point de vue purement humain, c’est le désir ou la volonté. En effet, si nous sommes blessés par l’offense d’autrui et que nous ne désirons même pas ou n’avons guère l’intention de pardonner, il n’y aura jamais de réconciliation. Or, le premier pas vers le pardon, ce qui est humain, c’est la volonté, ce désir de réconciliation. Le second pas est quant à lui divin puisque Dieu sait à l’avance ce dont nous avons besoin et si nous n’osons pas le lui demander, il ne nous l’accordera pas. Ne guère pardonner nous stérilise, nous enferme ou nous replie sur nous même ainsi que dans la colère. Cela nous détruit tranquillement de l’intérieur et nous ferme à la relation.

Nous sommes invités en ce temps de carême à nous exercer à « faire à la manière du Christ et du Père », c’est-à-dire à pardonner parce qu’il nous pardonne. Autrement dit, nous sommes appelés à donner ce que nous avons reçu, à transmettre à notre tour. Voilà comment la Parole de Dieu féconde notre vie et réalise sa mission dans le monde.

© Léandre Syrieix.

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