Un programme de vie chrétienne

[:fr]Fonds-Daniel Abel[:]

Is R 45, 1-5 – Ps 39(40) – Jn 8, 1-11

Samedi de la 12e semaine du Temps Ord. (A) : Première présidence eucharistique solennelle

 

La peinture de l’artiste Daniel Abel nous aide à approfondir plusieurs passages de l’Écriture, non seulement le récit connut sous le titre « La femme adultère », mais aussi d’autres tels les livres du prophète Isaïe.

Les scribes et les pharisiens veulent prendre Jésus en défaut et ils trouvent un mobile, une femme accusée d’avoir commis l’adultère. Ils mettent de l’avant la Loi donnée par Moïse et veulent savoir ce qu’aurait fait le Christ dans la situation présente. Nous avons à faire à des hypocrites qui savent bien qu’une femme ne peut commettre l’adultère toute seule, mais pourtant il n’y a personne d’autre à par elle qui est accusée. Mais le Christ n’entre pas dans ce jeu. La peinture de Daniel Abel met en évidence l’attitude aimante de Jésus. De fait, il est abaissé et ne regarde pas la femme accusée de haut. Il y a un mouvement inversé, comme si le Christ veut redonner à cette femme une certaine dignité. D’ailleurs, l’artiste n’a pas peint le visage de cette femme, car elle est représentée de profil. Autrement dit, chacun pourrait se reconnaître en elle, dans son personnage. Le Christ veut redonner à chacun de nous une dignité de Fils et de Fille bienaimé (e) du Père : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre » (Jn 8, 7). Alors peu importe ce que nous avons fait, quelles que soient nos fautes, il n’y a pas de péché qu’il ne puisse pardonner. En ce sens, le curé d’Ars disait que « nos fautes sont comme un grain de sable à côté de la grande montagne des miséricordes de Dieu[1] ».

Le Christ redit à chacun de nous « tu as du prix à mes yeux, tu as de la valeur et je t’aime » (Is 55, 4). Tu ne te définis pas par tes erreurs ni par tes fautes « car je t’ai racheté, je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi » (Is 45, 1). C’est également ce que l’on peut voir dans cette représentation de Daniel Abel à travers le Christ qui affirme à la femme « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. » (Jn 8, 11)

Parce que nous pouvons tous nous reconnaître dans cette femme accusée ; parce que le Christ nous a rappelé que nous avons du prix aux yeux de son Père ; alors nous avons l’obligation de nous rabaisser comme Lui pour relever les personnes qui sont jugées, celles qui sont dans l’erreur afin de leur redonner leur dignité d’enfant de Dieu. Saurons-nous, comme le Psalmiste, répondre à cette invitation en disant : « Me voici Seigneur, je viens faire ta volonté » (Ps 39) ? Voilà tout un programme de vie chrétienne auquel nous sommes conviés.

© Léandre Syrieix.

[1] Bernard Nodet, Jean-Marie Vianney Curé d’Ars. Sa pensée – Son coeur, Paris, Cerf, 2006, p. 133.

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