Il la prit chez lui

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Jn 19, 25-27

Vendredi 1er Mai de 3e semaine de Pâques (A)

Fête de Saint Joseph, patron des travailleurs

 

La dévotion de la Vierge Marie est un culte uniquement chrétien, c’est-à-dire qui fait référence au Christ et qui gravite autour de Lui. C’est donc une dévotion christocentrique. Marie se révèle la figure de la femme, discrète et en esprit de service, elle veille sur l’Église[1]. Voilà dans quel sens s’inscrit par exemple la récitation du rosaire, le culte de la Vierge dans la liturgie ainsi que le sens de la consécration du Canada à la Bienheureuse Vierge marie, Mère de l’Église, en période de pandémie.

Dans l’extrait de l’Évangile de Saint Jean (19, 25-27), il est mentionné que près de la Croix se tenait sa mère, Marie. Et lorsqu’on parcourt les Évangiles, on peut voir que Marie est présente dans la vie de son Fils, souvent de manière discrète. Comme mère, elle n’abandonne pas son enfant alors que la plupart de ses amis ne sont plus près de lui. Qui, plus qu’une femme ayant goûté la douleur de l’enfantement, peut comprendre l’attitude de Marie par sa présence au pied de la croix ? Comme mère, elle n’a pas peur d’affronter les regards probablement critiques de la foule, la cruauté des bourreaux de son Fils, etc. Elle est là, impuissante, en pleur, en larmes : Marie est présente.

Tandis que Marie est près de la croix, saint Jean mentionne aussi la présence du disciple bien-aimé. On pourrait alors penser que Marie se situe entre son Fils crucifié et le disciple bien-aimé. Témoin de l’amour maternel et inconditionnel de Marie, ayant expérimenté le cœur de compassion et le don de soi de sa mère, Jésus confie le disciple bien-aimé à Marie : « Femme, voici ton fils. » (Jn 19, 27) Ainsi, il désire que, dorénavant, le disciple bien-aimé occupe sa place de Fils dans la vie et le cœur de sa mère. À travers le disciple bien-aimé, nous sommes confiés par le Christ à la maternité de la Vierge Marie : Marie nous reçoit comme fils et filles.

En confiant le disciple bien-aimé à sa mère, Jésus l’invite également à l’accueillir, à la recevoir chez lui et celui-ci répond favorablement : « “Voici ta mère”. Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. » (Jn 19, 27). Autrement dit, par la figure de ce disciple, nous sommes invités à accueillir Marie chez nous, dans nos demeures, dans l’habitation de nos cœurs : Marie se laisse accueillir.

En cette période de pandémie que nous traversons, nous faisons l’expérience de la douleur sous diverses formes : pertes de proches, privation de rassemblements communautaires et des célébrations eucharistiques, isolement, solitude, chômage, fatigue physique, spirituelle et psychologique, etc. Nous vivons l’incompréhension et la souffrance à l’instar du disciple bien-aimé près de Marie et de son Fils. Mais, nous ne sommes pas seuls et c’est la signification de la consécration de notre pays, de nos diocèses, de nos éparchies, de nos paroisses, de nos familles, de nos communautés et institutions à la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Église en période de pandémie. Par cet acte de foi et de piété, Marie, comme mère, se fait proche de chacun de nous parce qu’elle nous a reçus comme filles et fils à la demande du Christ. Par ce geste ecclésial, nous consentons librement à recevoir l’amour maternel, la présence, la proximité et la sollicitude de Marie dans cette crise sanitaire mondiale.

Puissions-nous donc, dans la confiance, nous tourner vers Marie, médiatrice de l’humanité et Mère de l’Église pour recevoir sa protection maternelle ainsi que son intercession auprès de son Fils comme à Cana : « Ils n’ont pas de vin. » (Jn 2, 3) Approfondissons ou redécouvrons tout au long de mai, mois marial, les différentes formes de dévotion mariale (prière du rosaire, litanies, prières mariales, liturgies des heures dédiées à la Vierge Marie, etc.) à partir de l’Écriture.

« Ô Marie conçue dans péché, prie pour nous qui avons recours à toi ! »

© Léandre Syrieix.

 

[1] Pape Paul VI, Exhortation apostolique Marialis cultus (sur le culte de la Vierge Marie), publié dans « L’OSSERVATORE ROMANO » du 29 mars 1974. http://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/apost_exhortations/documents/hf_p-vi_exh_19740202_marialis-cultus.html

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