Être en tenue de service : l’attitude

[:fr]Photo Elias Djemil[:]

Sg 18, 6-9 – Ps 32 (33) – He 11, 1-2.8-19 – Lc 12, 32-48 : 19e dimanche du Temps Ordinaire (C)

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Lorsque la période électorale est proche, tous les candidats prétendent vouloir être au service des citoyens. Mais qu’y a-t-il derrière de telles affirmations ou prétentions ? Les garants et gérants de grandes entreprises privées comme publiques scandent également le slogan « Au service des personnes » pour mettre de l’avant leurs produits ou justifier leurs actions. Les croyants n’échappent pas au piège puisqu’ils mettent de l’avant le service pour le prochain et pour le Seigneur dans leurs préceptes religieux. Quoiqu’il en soit, que cela concerne les politiques, les entreprises, les croyants, etc., « Être au service » ne se résume pas en des actions ou en des déclarations voire des intentions, mais dans « La tenue de service » : l’attitude.

Tout le monde est habité par la bonne volonté ou l’intention de servir. Cependant, le Christ nous indique que nous ne pouvons pas servir plusieurs maîtres à la fois, mais un seul, Lui le Seigneur. Par ailleurs, il place le service des uns des autres au cœur de son ministère ; car lors de la dernière scène il a lavé les pieds de ses disciples en les invitant à faire de même les uns pour les autres. Toutefois, dans l’Évangile de ce jour, il apporte une spécification concernant le service. Le Seigneur nous interpelle sur « la tenue de service », c’est-à-dire sur l’attitude que nous adoptons dans le service. De fait, il ne s’agit pas uniquement d’actions, mais aussi d’avoir l’attitude du service c’est-à-dire d’être tourné vers le Maître l’unique, Lui, en étant habité par son esprit de détachement et de désintérêt.

Photo Elias Djemil

Nous voyons alors qu’être en tenue de service ne consiste pas à instrumentaliser le service à l’égard des autres pour ses propres intérêts ou pour ceux d’un groupe en particulier. Il ne s’agit pas non plus de servir dans le but d’obtenir une reconnaissance ou pour nourrir notre propre égo voire notre narcissisme. Par ailleurs, il ne s’agit pas non plus de faire de nombreuses choses pour le Seigneur, pour son parti politique, pour son entreprise, pour sa famille ou communauté d’appartenance, mais de demeurer disponible et fidèle à ses engagements. Tout est donc dans l’attitude, dans la disposition du cœur. Voilà comment nous pouvons sortir de nos peurs de l’avenir, de l’inconnu. Voilà comment être vigilant à l’égard du Christ qui se manifeste à tout moment comme un voleur en toute circonstance, en tout lieu, en toute personne. Voilà ce à quoi il nous invite dans l’Évangile de ce jour : être en tenue de service en permanence, dans l’attente, sans crainte de l’inconnu ou de l’avenir. Pour les chrétiens, c’est possible grâce à la foi et l’espérance aux promesses du Christ.

Avoir l’assurance des promesses auxquelles nous croyons, celle du Ressuscité, voilà une attitude qui procure la joie. Il ne s’agit pas d’une joie passagère, éphémère, d’un instant, mais permanente. Voilà ce qui peut nous permettre de demeurer dans l’espérance au cœur des tribulations du temps présent. L’appel du pape François à la joie de la foi trouve alors ici tout son sens ; car c’est une attitude permanente du Christ au cœur d’un monde sécularisé où Dieu est mis au second plan, où le Seigneur n’est plus le premier servi, aimé et adoré.

Toutefois, nous pouvons nous demander : qu’est-ce que la foi ? Car beaucoup affirment « je n’ai pas la foi » ou « je ne crois pas assez… » Saint Paul apporte quelques éclaircissements à propos de la foi en la présentant comme une façon de posséder ce qu’on espère ; comme un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. En effet, c’est la foi qui nous fait avoir ce qu’on espère : la santé face à une maladie mineure ou grave (cancer, etc.) ; un enfant face à la difficulté de procréer ; la paix et l’amour dans son couple ou son foyer face à des tensions voire des divisions ; le retour d’un fils perdu après une longue période de séparation. Finalement, c’est la foi qui nous met en mouvement, qui nous rend libres et nous aide à être en tenue de service, c’est-à-dire à avoir l’attitude comme le Christ pour être décentré de soi-même afin d’être tourné vers l’autre sans calcul, sans intérêt, de manière totalement gratuite.

Servir ? Oui ! Qui ? Un seul Maître, le Christ à travers les personnes, les œuvres qu’elles soient du monde ou d’en haut. Comment ? Dans une attitude de disponibilité, de fidélité ; dans une attitude de foi, notamment au cœur de périodes sombres marquées par tant de prophéties de malheur. Pourquoi ? Parce que c’est source de joie ouvrant à l’espérance en un avenir meilleur : la vie éternelle.

© Ab. Léandre Syrieix.

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