Les risques du métier

[:en]Photo Leander Syrieix.[:fr]Photo Leander Syrieix.[:]

Les risques du métier

 

Ac 14, 5-18 – Ps 113b (15) – Jn 14, 21-26

Lundi de la 5e semaine de Pâques (A)

 

Comme tout métier, celui d’évangélisateur ou d’évangélisatrice comporte également des risques que l’on peut identifier dans l’Écriture à partir de l’expérience des Apôtres et des disciples de Jésus-Christ dans la période considérée comme étant celle de l’Église naissante.

Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’annonce de la Bonne Nouvelle dérange ceux et celles qui ne croient pas en Jésus-Christ et qui récriminent contre ses messagers (évangélisateurs). C’est le cas de Paul et Barnabé (Ac 14, 5) ainsi que de nombreux baptisés aujourd’hui à travers le monde et particulièrement au Québec. Il y a même recours à la violence en vue de faire taire cette Parole de Dieu, de la contenir, d’empêcher sa propagation. Par ailleurs, lorsque le message est accueilli, cela ne se fait pas souvent de la bonne manière ; car dans l’exemple de Paul et Barnabé, on constate que les miracles qu’ils ont opérés ou encore leurs effets, détournent les témoins ou les destinataires de l’essentiel, c’est-à-dire du Christ. Les messagers sont faits des dieux : Paul est fait Hermès et Barnabé est fait Zeus (Ac 14, 12). N’est-ce pas le cas aujourd’hui lorsque des baptisés laïcs ou consacrés sont quasiment encensés et « divinisés » à cause des certains charismes qu’ils ont reçus et pour lesquels ils excellent ? Il y a donc un double danger dans le ministère d’évangélisation : (1) le rejet ou l’opposition au message annoncé se traduisant parfois par toute forme de violence, (2) la louange des messagers conduisant à de l’orgueil voire à une sorte d’appropriation du message.

Or toute la gloire revient au Seigneur et à lui seul. Ainsi, face au danger de l’orgueil et de la gloire humaine, les baptisés, dans leur rôle d’évangélisateurs, sont appelés, à la manière du psalmiste, à « se scandaliser » des vaines gloires humaines ou encore de l’appropriation de toute gloire qui revient à Dieu (Ps 113). L’annonce de la Bonne Nouvelle vise donc à faire connaître le Nom de Jésus afin qu’il soit reconnu comme Seigneur du ciel et de la terre.

Nous sommes également appelés à faire connaître le Christ au monde afin que, de cette rencontre, jaillisse un véritable amour du Seigneur. Or, notre monde n’aime pas assez le Christ au regard de certains agissements individuels et collectifs par rapport aux chrétiens ou au nom du Christ : rejet, blasphème, anticléricalisme, antichristianisme, etc. Pourtant, le Christ indique que quiconque l’aime, Lui et son Père viendront vers lui et chez lui, ils feront une demeure (Jn 14, 23). Mais de quelle demeure s’agit-il ? Il s’agit d’une union intime de toute personne baptisée qui aime le Christ, c’est-à-dire une union divine qui porte des fruits en cette vie, mais aussi la vie éternelle. Il s’agit aussi d’une maison ou habitation qui ne tombe pas en ruine à la manière de nos bâtiments de pierres ou de nos corps mortels, mais d’une maison spirituelle et éternelle dont nous sommes invités à collaborer dès maintenant à sa construction. En effet, cette construction a pour fondement le Christ, pierre angulaire. En nous intégrant à cette fondation pour faire partie de la construction, nous devons chacun et chacune demeure de Dieu lorsque nous sommes unis à nos frères et sœurs par l’Esprit-Saint.

L’annonce de l’Évangile nous presse donc avec le risque du rejet du message et celui de notre orgueil. Aussi, l’annonce de la Bonne Nouvelle nous presse de faire aimer le Christ, pierre angulaire ou fondement de la demeure éternelle de Dieu à laquelle nous avons part lorsque nous sommes unis aux autres par l’Esprit-Saint qui nous est donnée en Jésus-Christ.

© Léandre Syrieix.

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