Les maux qui transformeront le monde

[:fr]Crédit photo Daniel Abel[:]

Jr 17, 5-8 – Ps 1 – 1 Co 15, 16-20 – Lc 6, 17.20-26

6e dimanche du temps ordinaire (C)

La situation, à première vue alarmante ou déplorable dans le monde, plus particulièrement dans nos milieux de vie (sociétés, cultures, familles, communautés chrétiennes, etc.) a un l’impact considérable sur l’aspiration de toute personne au bonheur. De nombreux maux ont ainsi une incidence sur la quête de bonheur et font en même temps des heureux ainsi que des malheureux. Ces maux ont donc la force et la capacité de transformer notre monde ainsi que cette recherche de bonheur à laquelle nous aspirons, mais comment ?

Contre toute attente, le Christ affirme dans cet Évangile que de certains maux peut jaillir « un bonheur ». Autrement dit, la pauvreté, la faim, les pleurs, la haine dont nous faisons l’expérience sous différentes formes sont des potentiels moyens pour être heureux, pour trouver le bonheur. Mais la question est intéressante pour notre cheminement spirituel chrétien est de savoir quels sont nos types de pauvreté, de faim, de pleurs, de haine qui conduisent au bonheur. En ce sens, la pauvreté du cœur entendue comme la simplicité est une voie de bonheur. Car c’est aux tout-petits, aux gens simples, à celles et ceux qui ne s’enflent pas d’orgueil que le seigneur révèle les mystères de son Royaume (Mt 11, 25).

De la même manière, la faim de Dieu ; la faim d’être avec Lui, tout en Lui ; la fin de sa parole, la fin de sa présence ou de vivre de Lui est une source de bonheur, car cela amène à être heureux. Par ailleurs, notre solidarité humaine ; notre proximité avec les victimes des maux de ce monde ; nos pleurs sur les malheurs de nos frères et de nos sœurs, nos larmes devant le peu d’amour de Dieu dans nos milieux sont des voies qui conduisent au bonheur. Autrement dit, la sensibilité à la souffrance de l’autre, la compassion c’est-à-dire un cœur qui se laisser remuer par la souffrance du monde et de Dieu rendent l’humain heureux. Finalement, la haine que l’on éprouve à l’égard du péché ou des maux qui font tant de victimes autour de nous ; la haine dont nous pouvons être victimes aujourd’hui à travers le monde à cause de notre appartenance au Christ et devant laquelle nous ne reculons pas est une source de bonheur éternel promis par le Christ.

D’un autre côté, nous courons le risque d’être malheureux si nous manquons à la charité à cause de nos richesses, de nos opulences, de nos joies ou de nos notoriétés. Tout cela est bon tant que ça concourt à la glorification de Dieu et non à notre orgueil (1 Ti 4, 4). C’est en ce sens que l’on peut comprendre les propos du prophète Jérémie : « Maudit soit l’homme qui met sa foi dans un mortel, qui s’appuie sur un être de chair, tandis que son cœur se détourne du Seigneur. » (Jr 17, 5) Tout le bien que l’on dit de nous par exemple ; notre pouvoir ; nos notoriétés peuvent conduire au culte de notre propre personne voir nous amener à placer notre foi en des personnes pour qui l’on dit tant de bien, que l’on envie, que l’on prend pour maitre ou gourou. Seule notre foi dans le Seigneur peut nous fortifier sur le chemin des béatitudes évoqué précédemment et nous amener à transformer le monde à partir des maux abordés.

Il ne s’agit pas de mettre notre foi en n’importe quel Christ ni à un Christ fait à notre mesure ou encore selon nos convictions, mais en un Christ mort et ressuscité. Car, comme l’affirme saint Paul, « Et si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur, vous êtes encore sous l’emprise de vos péchés ; et donc, ceux qui se sont endormis dans le Christ sont perdus. » (1 Co 15, 17-18) C’est un élément essentiel dans la quête de bonheur évoqué puisque les deux sont liés. Le bonheur en question est éternel et ne se résume pas à un temps heureux en ce monde. Voici un point important d’autant plus que plusieurs chrétiens, particulièrement aujourd’hui, s’adonnent à des pratiques incompatibles avec la foi chrétienne ou encore à des croyances contradictoires à la foi chrétienne comme la réincarnation. Par ailleurs, ne soyons pas chrétiens pour cette vie uniquement, pour un bonheur éphémère ; car nous serons à plaindre. Puisse donc le Psaume 1 être l’hymne ou le cantique qui accompagne notre quête de bonheur tout au long de notre vie chrétienne ; le cantique qui jaillit de nos cœurs alors que nous avançons sur le chemin des béatitudes : « heureux est l’homme qui met sa foi dans le seigneur ».

Nous pouvons transformer le monde à partir des mots connus comme la pauvreté, la faim, les larmes, la haine. Ce sont des moyens ou des sources de bonheur voire des opportunités si nous savons les transformer grâce à l’amour qui a été versé en nos cœurs par l’Esprit-Saint. Cependant, prenons garde, car nos richesses, nos opulences, nos joies actuelles et nos notoriétés aussi essentielles qu’elles soient pour notre bonheur peuvent être pour nous des occasions de chute eau de source de malheur si elles ne sont pas habitées par l’amour et la foi en Jésus Christ mort et ressuscité.

© Ab. Léandre Syrieix.

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